Messe du 17/18 février 2018

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Secteur du Val d’Orge
1er dimanche temps du Carême-
année B
17-18 février 2018

Groupe de témoignage :
Personnes engagés dans les services de sécurité
(armée, gendarmerie, police)

S’approcher

 

Les textes d’aujourd’hui nous appellent à répondre à l’Alliance que Dieu nous propose. Au fil du temps, Dieu s’approche inlassablement et nous, comme nous y invite Pierre, vivons-nous notre baptême comme un engagement de tous les jours ?

Lectures de la messe

  • Gn 9, 8-1
  • Ps 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9
  • 1 P 3, 18-22
  • Mc 1, 12-15

 

Invitations à prier avec toute la communauté paroissiale du secteur :

En union, lors de la prière universelle :

  • « Je me souviendrai de mon Alliance qui est entre moi et vous »
    Merci, Seigneur, pour tous ceux qui s’engagent au service de la paix, diplomates, ONG et militaires.
    Prions pour que leurs efforts concourent à ramener concorde et justice dans les pays en guerre.
  • « Le baptême est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite »
    Merci, Seigneur, pour notre pays, la France, qui oeuvre à faire vivre les valeurs humanistes de sa devise républicaine ; liberté, égalité, fraternité.
    Prions pour que les Français, en ces temps troublés, gardent leur conscience droite et restent ouverts à l’accueil et au partage vis-à-vis de tous.
  • « Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours »
    Merci, Seigneur, pour la tendresse dont tu entoures les familles dans l’épreuve, en particulier les familles de militaires et de policiers qui vivent l’absence et l’angoisse du risque.
    Prions pour que leurs familles restent un soutien solide pour les aider dans l’accomplissement de leurs missions.
  • « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile »
    Merci, Seigneur, pour les militaires et les policiers qui assurent la sécurité de leurs concitoyens en acceptant d’aller jusqu’au don d’eux-mêmes.
    Prions pour que nous chrétiens et toute la communauté nationale sachions les considérer et les soutenir.

Témoignage de Carême :

Etre porteur de la force armée et autorisé à exercer le monopole de la violence accordé à l’Etat, être parfois conduit à blesser ou même à infliger la mort semble à première vue totalement incompatible avec les principes chrétiens.
En effet, vient tout de suite à l’esprit le commandement « Tu ne tueras point », dont la traduction littérale est d’ailleurs « Tu ne commettras pas de meurtre ». Ce point est capital car toute action de tuer n’est pas un meurtre, car le meurtre implique notamment la préméditation.
Le soldat et le policier sont armés, mais ils ne cherchent pas leur intérêt personnel ; leur motivation n’est ni la colère, ni la vengeance, ni le désir de s’enrichir, ni le manque d’amour. Ils sont envoyés en mission pour une cause qui les dépasse et ils n’ont rien à gagner personnellement.

La Bible ne dit pas directement si une personne peut ou non servir dans l’armée, mais la profession de soldat y est décrite comme respectable.
Jean-Baptiste répond aux soldats venus l’interroger: « Ne prenez d’argent à personne par la force ou en portant de fausses accusations, mais contentez-vous de votre solde ». Il ne leur dit pas de casser leur épée, mais plutôt de rester droits et honnêtes, de ne pas devenir des profiteurs.
De son côté Jésus s’émerveille quand un centurion romain vient pour demander la guérison de son serviteur. Jésus ne le critique pas quant à la profession qu’il exerce et beaucoup de centurions mentionnés dans le Nouveau Testament sont décrits comme des chrétiens, des hommes craignant Dieu et faisant preuve d’un bon comportement.
Au cours du temps, des règles de plus en plus strictes ont été établies pour encadrer l’usage de la force. Ces règles déontologiques, défini par l’Etat, seul détenteur de la force pour le service du droit, de la justice et de la paix, se reflètent dans les différents codes délivrés à tout membre des forces de sécurité. Ces codes exigent l’emploi de la force au niveau strictement nécessaire pour remplir la mission, le respect de l’adversaire et de son humanité, le souci d’épargner les populations, l’ouverture à la société dans le respect de ses différences.

Dans ce contexte, les membres des forces de sécurité acceptent volontairement les nombreuses contraintes d’un métier hors-normes, exigeant en particulier leur disponibilité totale et l’acceptation du sacrifice éventuel de leur propre vie.
Les absences prolongées, souvent de longue durée, et la dureté des risques encourus dans les opérations tant extérieures qu’intérieures pèsent lourd sur le fonctionnement de nos familles.
Très souvent seuls face aux difficultés quotidiennes, nos conjoints sont naturellement amenés à développer une entraide et une solidarité peu communes dans la société d’aujourd’hui. Malgré tout, cette communauté doit déplorer un nombre de suicides élevé. Il en est de même pour le taux de divorces, supérieur à la moyenne nationale.

Nos familles ont malgré tout la possibilité de recevoir le soutien d’une personne qui tient un rôle particulier et primordial dans les Armées et la Gendarmerie : l’aumônier militaire.
Celui-ci, qui est affectueusement surnommé « le Padre », participe à toutes les activités et les opérations. Pour résumer les multiples facettes de sa mission, on peut dire qu’il est tout à la fois christique, confident, conseiller, consolateur, confesseur, charitable et célébrant….
L’aumônier accompagne aussi bien sûr les militaires et policiers confrontés à la misère, à des situations insoutenables et au danger permanent, ce qui les amène à s’interroger sur le sens de la vie et l’exercice de leur métier. Cet « exercice de spiritualité » conduit certains d’entre eux à redécouvrir Dieu ou même à demander le baptême.

Pour conclure ce témoignage, l’exercice de ce qui est bien plus qu’un simple métier, mais un engagement total, repose clairement sur certaines des principales recommandations de l’Evangile :
 La VEILLE : en tout temps et en tous lieux selon la formule consacrée, afin que la Cité puisse vivre et dormir en paix ;
 La FRATERNITÉ : qui permet à chacun de garder son humanité en toutes circonstances ;
 Le SERVICE : pour accepter des devoirs et des sujétions particulièrement lourds ;
 L’ACCEPTATION du sacrifice suprême : véritable don de soi et illustration de l’Evangile selon Saint Jean : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».
Nous vous remercions pour votre écoute et espérons que ce modeste témoignage aura peut-être contribué à changer votre regard sur ces femmes et ces hommes qui SERVENT au quotidien avec discrétion et une grande abnégation.

 

Nous avons entendu aujourd’hui que Dieu proposait – par Noé – une alliance à son peuple, comme une main tendue, une invitation à se rapprocher. Cette première alliance est une préfiguration de notre baptême qui nous sauve dès maintenant. Notre baptême nous invite à l’audace, notre baptême nous envoie : la main tendue de Dieu peut être la nôtre pour nos frères et nos frères peuvent pour nous être cette main tendue. Prenons le temps à la sortie de la messe de nous ouvrir à l’inconnu, cheminons l’un vers l’autre. Osons prendre alors le risque pour tisser ensemble une alliance, pour bâtir notre baptême qui nous unit au Christ à nos frères.