Homélie du dimanche de Pâques B

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HOMÉLIE DU DIMANCHE DE PÂQUES B

Jean nous présente, Frères et sœurs, le récit qui se trouve au cœur de l’Évangile. Jésus, que la violence des hommes a crucifié, est ressuscité. Marie-Madeleine a vaincu sa peur afin de s’occuper du corps de son ami. Tous les récits évangéliques de cet événement varient sur certains points. Mais le point qui leur est commun, est que, Marie-Madeleine qui est la première à aller au tombeau, s’y est rendu de grand matin. Lorsqu’elle constate que la pierre a été retirée, elle en vient à la conclusion que quelqu’un est entré et a enlevé le corps de Jésus. Mais Jean ne nous dit pas si elle est entrée ou a même regardé dans la tombe. Au point où l’on se demande si elle a vraiment vérifié que le corps de Jésus n’était pas là ? Néanmoins, elle va dire à Pierre ce qu’elle pense être arrivé. Et là, Pierre et l’autre disciple, surpris de ce qu’elle racontait, courent pour aller constater les faits eux-mêmes. Le disciple sans nom, arrive le premier mais n’entre pas dans le tombeau, il attend l’arrivée de Pierre. Une fois à l’intérieur, Pierre découvre que le tombeau est vide. Et contrairement à Lazare, mort depuis quatre jours, qui a trébuché hors de sa tombe gêné par ses enveloppes funéraires, les vêtements de Jésus sont toujours là. Ceci indique que les voleurs de tombes n’avaient pas pris le corps de Jésus ; que les tissus, en particulier le suaire, étaient dans un état apparemment bien rangé; ce qui indique que quelque chose de spécial s’était produit. Et c’est la Bonne Nouvelle de ce jour : Jésus est sorti vivant du tombeau, il a vaincu la mort ; une nouvelle création a commencé. Jean nous dit que le disciple sans nom a vu et cru. Jusqu’à présent, ils n’ont pas rencontré Jésus ressuscité des morts, mais ont déduit sa résurrection. l’importance de la résurrection de Jésus ne consiste pas simplement à connaître ou à réciter des détails sur un tombeau vide, aussi cruciaux soient-ils. Plus important encore, la résurrection leur fournit la preuve de l’engagement de Dieu envers toute l’humanité. Elle annonce que l’amour radical de Dieu est en marche, brisant les frontières et les catégories chéries et de longue date.

Le tombeau vide est partout où le mal semble avoir eu le dessus. Le tombeau vide est là où nos lâchetés et nos égoïsmes collectifs ont remporté la victoire. Le tombeau vide est là où, chaque jour, le découragement et le désespoir nous guettent. Mais c’est là, exactement là, que peut renaître notre foi. Là où nos yeux de chair voient une impasse, une fin sans retour, un pardon impossible, le regard de la foi peut découvrir les signes de la victoire de Jésus ressuscité. La mort de Jésus avait plongé les disciples dans les ténèbres. Ce n’est que petit à petit que celles-ci allaient se dissiper pour faire place à quelque chose d’absolument inattendu. Dieu a libéré Jésus de la mort elle-même.

Frère et sœurs, ressentons-nous de la joie, de l’espoir ou de la certitude en ce matin de Pâques ?

Sinon la résurrection de Jésus serait pour nous sans valeur si la lumière divine ne resplendissait pas en même temps parmi nous et au-dedans de nous. Nous ne pouvons dignement célébrer la Pâque que si, dans notre âme, la lumière apportée par le Sauveur, a complètement vaincu les ténèbres de la peur et du découragement qui nous font souvent tituber et fausser nos perceptions. C’est pourquoi St Paul nous invite « à rechercher les réalités d’en haut et à tendre vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre » (Colossiens 3, 1-2 ) appelant ainsi tous les croyants, à élever leur vision, à regarder au-delà des complications et du désordre de la vie quotidienne. Bien aimés du Seigneur ressuscité, la mort et la résurrection de Jésus entraînent d’une certaine manière notre mort au péché et la résurrection à la vie nouvelle.

Sans la croix, la gloire du Ressuscité ne peut devenir notre part. Dans le même temps, le Seigneur connaît notre lenteur et la faiblesse de notre foi. Pierre et les autres apôtres participeront à la Passion de leur maître, mais seulement après que la force de sa Résurrection leur aura été communiquée. Notre Seigneur agit de même avec nous.

Malgré tout ce que nous avons souffert et supporté, ou supportons encore, nous sommes loin d’avoir aidé Jésus à porter sa croix. Nous avons dormi durant son agonie, nous l’avons abandonné, nous l’avons renié par nos péchés multiples. Cependant, si peu préparés, si impurs que nous soyons, Jésus nous invite à entrer dans la joie pascale. Le pardon et la vie ont jailli du sépulcre vide. Et le Christ ressuscité surmonte tous les obstacles qui s’interposent entre lui et nous. Laissons donc jaillir notre joie avec gratitude et reconnaissance.

BONNE FÊTE DE PÂQUES A TOUTES ET A TOUS

père Gérard EKLU