HOMÉLIE DU 11ème DIMANCHE ORDINAIRE B

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HOMÉLIE DU 11ème DIMANCHE ORDINAIRE B

Les trois lectures de ce dimanche vont dans le même sens. Elles nous invitent à la confiance et au courage. L’Évangile nous dit que le Royaume de Dieu est une force qui avance au travers de nombreuses difficultés ; rien ne peut l’arrêter. La première lecture extraite du prophète Ézéchiel nous parle, elle aussi, d’une extraordinaire croissance et dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens persécutés ; mais il garde confiance et réaffirme son engagement pour le Seigneur.

À travers ces trois lectures, frères et sœurs, c’est le Seigneur qui nous parle ; il nous a promis d’être avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Mais cela n’empêche pas que nous nous interrogions : « Où es-tu, Seigneur, quand on se fait la guerre dans de nombreux pays ; quand la violence gagne les cœurs contre les plus faibles ; quand les plus pauvres sont parfois négligés ? C’est comme ça que les habitants de Jérusalem avaient crié désespérément vers Dieu. Déportés, en effet, en exil loin de chez eux, ils sont complètement désemparés. Leur peuple semble voué à la destruction. Le prophète Ézéchiel a assisté à la chute totale de son pays. Mais il annonce à son peuple que rien n’est perdu. Il les rassure en disant que ce qui n’est qu’une minuscule bouture va germer et devenir un grand arbre, leur faisant comprendre que ceux qui sont totalement brisés, Dieu les fera vivre merveilleusement. Le prophète trouve les mots justes pour redonner courage et espérance à son peuple. La haine, la violence et le mal ne peuvent avoir le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. C’est une bonne nouvelle pour nous aussi aujourd’hui. Rien ne doit ébranler notre foi en Dieu sauveur.

C’est aussi de cette espérance que Saint Paul nous parle dans la 2ème lettre aux Corinthiens (2ème lecture). Les premières années du christianisme ont été marquées par des persécutions. L’apôtre Paul rencontre de nombreuses difficultés dans son ministère. Il a l’impression de descendre à la mort. Mais il a la ferme certitude qu’à travers tout cela c’est la vraie vie qui est en train de germer. Le Seigneur nous prépare une demeure éternelle. Il donnera la couronne de gloire à ceux qui auront accompli leur course jusqu’au bout. Ce message de réconfort est aussi une bonne nouvelle pour nous les chrétiens d’aujourd’hui qui rencontrons plusieurs difficultés qui tendent à nous désespérer. Si nous restons reliés au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

L’Évangile de saint Marc s’adresse aussi à des chrétiens désemparés. Leur question est de tous les temps : dans ce monde où tout va si mal, où est-il notre Dieu ? Que sont devenues les promesses du Christ ? Comment garder la foi face à toute cette violence. Saint Marc leur parle alors de cette semence qui germe et grandit toute seule, comme si personne ne s’occupait de ce grain jeté en terre, comme si le paysan se désintéressait de ce blé qu’il a semé. Mais en attendant le « temps de la moisson », un processus de croissance est à l’œuvre. C’est une illusion de penser que rien ne se produit. On ne voit pas ce qui se passe, mais la vie se développe vraiment. « L’essentiel est invisible à nos yeux », disait le renard au Petit Prince de Saint Exupéry. Ce qui arrive en nous et autour de nous est souvent de cet ordre-là : une force cachée, imperceptible, qui s’active sans que nous en soyons conscients. C’est une manière de dire que le Royaume de Dieu est en gestation quoi qu’on fasse. La récolte viendra mais ce sera pour plus tard. Notre Dieu peut paraître absent mais son action est discrète et efficace.

Dans son discours, Jésus précise que cette graine, c’est « la plus petite des semences de la terre ». C’est la logique même de Dieu. Jésus lui-même s’est fait le plus petit et le plus pauvre. Il a été enterré au tombeau. Mais sa résurrection a été le point de départ de la naissance de l’Église. Celle-ci a commencé petitement avec un petit noyau d’hommes et de femmes. Mais ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse de Dieu ; rien ne peut empêcher Dieu d’être à l’œuvre. Oui ! avec nos yeux et nos oreilles, nous pouvons savoir ce qui se passe dans le monde. Mais pour reconnaître l’action de Dieu, il faut le regard de la foi. Nous découvrons alors que même dans les pires épreuves, Dieu ne nous a jamais abandonnés.

Quand nous voyons la vie germer, c’est Dieu qui est là et qui agit. Il nous faut donc apprendre la patience et surtout la confiance. Faisons ce que nous avons à faire et laissons Dieu agir. Continuons de semer des graines d’amour, de justice, de paix, de réconciliation… Et le Seigneur donnera aux semences de pousser et de donner des fruits.

SEIGNEUR TON AMOUR SOIT SUR NOUS, COMME NOTRE ESPOIR EST EN TOI.

P. Gérard EKLU