HOMÉLIE DU 3ème DIMANCHE DE CARÊME B

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Homélie pour 3è Dimanche du Carême B

Chers frères et sœurs bien-aimés de Dieu,

L’Évangile de notre 3ème dimanche du Carême est bien connu, puisqu’il nous montre Jésus se mettre en colère et, même, faire preuve de violence. Cet épisode a d’ailleurs servi à justifier un peu tout et n’importe quoi en termes de colère et de violence par certains chrétiens, puisque Jésus l’avait fait !
Pourtant, ce qui est principal, dans cet évangile d’aujourd’hui, ce n’est pas la colère de Jésus mais bien le temple de Jérusalem et la place qu’il doit tenir dans notre vie de croyant.

A priori, le Temple de Jérusalem n’a rien à voir avec notre foi et pourtant « Lui parlait du sanctuaire de son corps » et nous introduit dans le mystère de sa mort et de sa résurrection.
En hébreu, pour parler du Temple de Jérusalem, on utilise le mot “maison”, le temple c’est tout simplement la maison de Dieu.

Cette maison doit-on la détruire pour la reconstruire ?
Les lectures de ce dimanche nous disent quel temple il nous faut détruire et quel temple il nous faut construire dans nos vies.

  • Détruire le temple de notre orgueil : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi » Exode 20
    La première des 10 paroles qui ouvre le code de l’Alliance en Exode est bien une parole qui vient mettre les choses en ordre. Il s’agit de remettre Dieu à la première place dans nos vies et non plus nous mettre toujours à la première place.

  • Détruire le temple de notre égoïsme : « Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain – Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain – ni son serviteur… » Exode 20
    Après Dieu, ce n’est pas encore moi que je vais mettre en second, il y a d’abord le prochain et le respect de l’autre qu’il s’agit de mettre avant soi-même.
    Honorer ses parents, respecter l’immigré, ne pas convoiter ce qui ne nous appartient pas. Le temps de carême est un temps où l’on se penche sur soi-même et sa vie pour s’en détacher et mettre le prochain avant son propre égoïsme.

  • Détruire le temple de notre puissance et de notre pouvoir : « La faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme -Corinthiens
    La logique de Dieu n’est pas la nôtre, sa puissance se déploie à travers la faiblesse, la pauvreté et l’humilité. Le temps du carême est un temps d’abandon de nos désirs de puissance et de domination. Saint Paul rappelle aux Corinthiens que la puissance de Dieu et sa sagesse résident dans sa faiblesse et la faiblesse de la croix.

Mais il ne suffit pas de détruire, il faut aussi construire.

– Construire le temple comme corps du Christ‑Église. « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » Jean 2
Le temps du Carême est un temps où l’on est appelé à faire corps, à l’unité avec les autres, en Christ, pour faire l’Église. Un temps où l’on doit chercher à dépasser nos différences de spiritualité, d’opinions politiques, de catégories sociales ou sexuelles, pour faire un seul corps qui soit le visage du Christ pour le monde. Un visage de justice et de paix.

– Construire le temple comme corps du Christ‑Eucharistie. « Le temple dont il parlait, c’était son corps ». Jean 2
Le temple, c’est le corps du Christ auquel nous sommes invités à communier. C’est le Christ-Eucharistie qui est source et sommet de la foi. En communiant au Corps du Christ nous devenons, comme dit Saint Paul, nous aussi le temple de l’Esprit et notre corps un temple spirituel. La maison de Dieu devient celle du Christ pain et vin eucharistique et ensuite notre propre demeure par la communion.

– Construire le temple comme Christ Parole de Dieu le Père. «  Ils crurent aux prophéties et à la Parole que Jésus avait dite ».
Les Hébreux en exil à Babylone ont découvert que le temple, lieu de rencontre privilégié avec Dieu, n’était pas le temple de pierre bâti par Salomon, mais bien la Parole de Dieu, les Écritures à travers la Loi et les prophètes. Le temps du carême est aussi un temps pour découvrir la richesse et la beauté de ce temple qu’est la Bible, la Parole de Dieu.

Il y a à détruire et à construire dans toute vie. Quand on s’en rend compte, on s’aperçoit que 40 jours c’est bien peu et qu’une vie n’est peut-être pas suffisante. Mais, quel que soit le temple que l’on édifie, rappelons-nous que la pierre angulaire en est le Christ, mort et ressuscité pour nous.

père Jean de Dieu