Commentaire – 5ème dimanche de Carême

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5ème dimanche de Carême B.
Avec un tel passage d’évangile, comment résister au plaisir d’une petite illustration ? !!

(un bon dessin vaut parfois mieux qu’un long discours !)

Décidément, à chaque dimanche de ce Carême, j’ai envie de parler de Pâques !
N’est ce pas ce que Jésus annonce à travers ce grain de blé qui tombe en terre (sa mort) et qui porte du fruit (la résurrection et le Salut offert à tous) ?

Alors, coté Carême ?
Heureusement, l’évangéliste ne se contente pas de l’annonce de ce beau programme pascal…. Il donne la place au combat qui est en Jésus : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? » (« l’heure » ici, c’est ce moment décisif où il va subir l’épreuve et vivre le don de lui-même jusqu’au bout).

Voilà qui rejoint sans doute nos « états d’âmes », nos propres combats intérieurs… que ce temps de Carême peut mettre en relief, peut éclairer déjà par la lumière de Pâques vers laquelle il nous fait cheminer. Quand aux hommes et aux femmes que nous rend proches le CCFD-Terre-Solidaire, engagés pour le bien de leurs frères et de la création, comment imaginer qu’ils ne vivent pas ce genre de combat dans leurs engagements et le don d’eux-mêmes ?

Regardons ce qui fait que Jésus, lui, ne cède pas dans ce combat ? Je vois deux choses qui sont d’ailleurs fort liées : Jésus ne « roule pas pour lui » : il sait que le don de sa vie pour sauver les hommes manifeste également l’amour du Père (c’est cela, la Gloire du Père). Et le Père « authentifie » ce don aux yeux des hommes.

Pour nous aussi, toute action trop entachée du souci de notre image risque d’être peu féconde. Il ne s’agit pas de « devenir quelqu’un de bien », mais d’apprendre à faire le bien, simplement parce que le Seigneur nous y appelle. Et si notre regard est tourné (ou plutôt apprend sans cesse à se tourner) non vers l’image de nous-mêmes mais vers l’autre que nous servons, alors nous recevrons ce profond réconfort spirituel de parfois reconnaître Jésus lui-même en cet autre (cf Mt 25), ou bien nous le sentirons au coude à coude avec nous dans cette mission reçue : « là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur ».

C’est ainsi que la loi du Seigneur s’inscrit non plus sur la pierre mais dans nos cœur (Jérémie, 1re lecture) ; c’est ainsi que les mots de la lettre aux Hébreux ne sonnent plus comme une scandaleuse exaltation doloriste et aliénante, mais comme un chemin d’amour et de complicité Trinitaires, ouverts et offerts à tous.

Bertrand DELCEY